» Cap jeunesse  » veut aider des jeunes à se sentir français

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Dirigée par deux anciens militaires, cette nouvelle association entend fédérer et encourager des initiatives en faveur des jeunes en difficulté. L’objectif est autant…

Dirigée par deux anciens militaires, cette nouvelle association entend fédérer et encourager des initiatives en faveur des jeunes en difficulté.
L’objectif est autant de les aider à se former et à décrocher un métier que de leur faire aimer et connaître la France
Ce soir-là, Pierre-Louis Santos et Emmanuel de Richoufftz sortent d’un rendez-vous au fort de Montrouge, situé à Arcueil (Val-de-Marne)
et toujours occupé par des services du ministère de la défense.
Les deux hommes sont dans leur univers. Le premier a passé 17 ans dans la marine nationale comme officier avant d’embrasser une
carrière de chef d’entreprise. Le second a sauté sur Kolwezi en 1978 avec la Légion et a terminé sa vie militaire en 2006 en tant que général de division.
Les deux anciens gradés ne se connaissaient pas avant d’être réunis par « les mêmes envies » au sein de l’association
Cap jeunesse, dont ils sont respectivement président et vice-président. Ce collectif, en gestation depuis un an et dont les statuts viennent
d’être déposés, doit être officiellement lancé en juin.
Il vise à rassembler et à développer des initiatives en direction de jeunes en
grande difficulté, comme des « décrocheurs » sortis du système scolaire. Mais pas n’importe quelles initiatives.
La citoyenneté, rempart contre l’échec scolaire
Tout en se disant « aconfessionnels, apolitiques et indépendants », les bénévoles qui pilotent le projet depuis Paris affichent
leurs convictions. Dans le texte fondateur les unissant, il est question de « dévouement au bien commun », de « la vertu de l’effort du
travail et du dépassement de soi », de « la solidarité et de la fierté d’appartenir à un groupe »…
Et un slogan est bien en évidence : « Vis, aime, deviens la France. » « On veut aider des jeunes à entrer sur le marché du travail mais
aussi à se sentir Français, pour en faire des gens construits, explique Pierre-Louis Santos. La citoyenneté n’est pas tout, mais sans elle on ne fait rien. »
C’est la philosophie de la Fondation Espérance Banlieues, une des sept associations à avoir déjà adhéré à Cap jeunesse, où la lutte contre l’échec scolaire passe aussi par le
lever des couleurs tricolores dans la cour de l’école.
Emmanuel de Richoufftz s’était lui-même mobilisé en ce sens quand il était encore sous l’uniforme, dans les années 2000, avec « 105 permis pour 2005 ».
L’opération visait à permettre à des 18-25 ans issus de milieux défavorisés de décrocher le permis de conduire. Elle a débouché sur la création de
« Permis, sport, emploi » (PSE), un dispositif dirigé par celui qui a été surnommé le « général des banlieues ».
« L’avenir de la Nation est dans la jeunesse »
En dix ans, PSE a proposé un cursus d’insertion à 1 500 filles et garçons envoyés par les missions locales pour l’emploi. Le « parcours structurant »
prévoit un « stage de vie en collectivité », pour apprendre « autrement » avec des réservistes de l’armée.
Une partie des structures qui ont rejoint pour l’instant Cap jeunesse ont d’ailleurs été créées par d’anciens officiers, à l’image de Genèses,
en Saône-et-Loire (lire La Croix du 25 février 2016). « Les militaires ont des compétences qui peuvent être utiles avec les jeunes, avance
Pierre-Louis Santos. Mais on veut élargir notre champ pour toucher tous les publics. »
L’objectif est de réunir une cinquantaine d’initiatives du même type d’ici à la fin de l’année. Pour aider ce modèle à se dupliquer et
faire en sorte que d’autres projets puissent émerger, Cap jeunesse s’est donné pour mission d’épauler ceux qui partagent ses valeurs à
trouver de l’argent, à dénicher des cadres et à se faire connaître.
Les promoteurs de la démarche comptent beaucoup sur leurs relations dans le monde de l’entreprise et de l’armée. « C’est un projet à long
terme qui, j’espère, nous survivra, dit encore Pierre-Louis Santos. L’avenir de la Nation est dans la jeunesse. Si on rate ça, on va dans le mur. »

Par | 2018-02-13T09:46:25+00:00 mardi 26 avril 2016|La Croix|0 commentaire

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